Intégration partout

Lorsqu’en 2012 je débarque à Montréal – Québec – je ne sais pas trop ce que je suis venu chercher ici. L’aventure ? La découverte de quelque chose de différent ? Rien de bien précis. Je suivais un couple d’amis venu en visite ici pour 6 mois. Les débuts n’étaient pas faciles. La partie la plus difficile est de savoir comment s’intégrer socialement. Comment entrer facilement en contact avec des personnes qui ne sont pas des collègues de travail? C’est grâce à la surprenante découverte d’un univers qui m’était alors inconnu que tout va basculer… la danse sociale.

 

Mon arrivée au Québec,

Avant de prendre l’avion, mes connaissances sur la culture de la région se limitaient à Robert Charlebois, Les Trois Accords (qui venaient de cartonner en France avec  »Hawaïenne »), Mononc’ Serge ou encore les Cowboys Fringuants (puis pleins d’autres finalement en y pensant) et un truc que tout le monde parle… la poutine. Comme beaucoup de francophones qui débarquent ici, on s’attend à ce qu’il soit facile de s’intégrer parce que nous avons la même langue. Mais c’est une erreur. La langue est commune, certes. Mais notre culture ne l’est pas. Alors le  »clash » culturel vous fait rapidement revenir sur terre. Il n’est pas aisé de rencontrer et par ce fait, de conserver des relations. J’imagine que lorsque l’on change de ville tout en restant dans son propre pays, avec la même culture, le problème reste le même. À moins d’avoir une tchatche d’enfer et de savoir aborder n’importe qui n’importe où, vous allez rester seul, isolé. S’installer au comptoir d’un bar et espérer qu’il se passe quelque chose est une perte de temps. Le moral va chuter. Pour ma part, les six premiers mois étaient emplis de questionnements, de doutes, de sentiments d’échecs et toutes autres impressions néfastes…

 

Ce soir-là, je ne le sais pas encore, mais cette décision allait changer ma vie.

 

La danse n’a jamais été mon amie.

Sauf si, il faisait très sombre. Sauf si, mes amis avaient déjà consommé plus que de raison. Sauf si, j’en avais fait autant. Sauf si, ils se lançaient sur la piste avant moi … Bref, ça demandait bien trop de paramètres pour que l’activité de danser soit volontaire, sans gênes. Un jour où je travaillais avec un collègue fraîchement rencontré, celui-ci me propose de les suivre, sa copine et lui, dans une soirée de rockabilly jive au Théâtre le Rialto de Montréal. Il s’agit ici d’aller danser sur de la musique du King Elvis Presley ou encore sur du Little Richard et leurs compères. Mais ouch !! Quelle horreur me suis-je dit. À leur âge ? Sortir dans des soirées calibrées pour mes grands-parents. C’est hors de question d’y mettre les pieds ! Et comment leur refuser l’invitation poliment? De fils en aiguilles, j’ai fini par me laisser convaincre : après tout, essayons. Je partirais surement au bout d’une heure, voilà tout. J’y suis alors allé à reculons. Ce soir-là, je ne le sais pas encore, mais cette décision allait changer ma vie.

 

 

 

C’est là que je prends conscience que danser seul, ce n’est pas mon truc. Par contre, danser à deux, c’est une tout autre affaire ! C’est super cool !

 

La découverte.

Peu importe le style (lindy hop, charleston, blues, rockabilly jive …), les soirées commencent généralement par un cours d’initiation à la danse dominante du soir. C’est le moment de découvrir les bases pour pouvoir s’essayer et s’amuser avant la fermeture de la place. Pendant le cours, c’est là que je prends conscience que danser seul, ce n’est pas mon truc. Par contre, danser à deux, c’est une tout autre affaire ! C’est super cool ! Moi qui ne connais ici que mon collègue et sa copine, je me retrouve tout d’un coup à danser et discuter avec du monde que je n’aurais jamais abordé autrement. Je ne sais plus où donner de la tête. C’est stimulant puissance fois mille.

Contrairement à une sortie en solitaire dans un bar, ici tout le monde est venu pour le plaisir de danser à deux, d’écouter la musique liée à l’événement, d’avoir des interactions autour de la danse. Pas besoin de venir en couple pour être certain de danser. Ici, on invite tout le monde. Rien à faire que vous soyez débutant ou le champion du monde. Juste, invitez et vous vous ferez inviter par la suite. C’est la plus grosse barrière à passer… Oser inviter. Après trois danses où vous aurez tenté votre chance, vous allez réaliser que ce n’est pas la fin du monde et on viendra alors directement vous le demander. C’est un effet magique.

Dans ces soirées, on rencontre du monde de partout. Les origines sociales, culturelles et professionnelles, les orientations intellectuelles et sexuelles n’ont aucune importance. Et c’est ce qui fait la beauté de la chose. C’est très amical et fait dans le respect des uns des autres. Ça fait un bien fou de venir s’y détendre un soir ou deux par semaine. Plus on y va, plus on développe sa danse, plus on a de plaisir, plus on rencontre du monde. C’est un cercle positif. Mais attention!! Voir ces soirées comme un site Tinder serait une erreur. Même si le contact humain est plus facile que dans une boite de nuit ou un bar, il n’en reste que la majorité vient ici pour la danse, pas pour la drague ou la séduction. Je ne dis pas que des couples ne s’y forment pas, mais ce n’est pas la base de ces événements.

 

C’est selon moi un très bon moyen de rencontrer et se faire un cercle social.

 

Finalement, après 3 semaines pendant lesquelles je fais toutes les soirées et tous les cours d’initiation, je suis finalement mes premiers cours de danse en couple. Ça devient une activité régulière, un sport. C’est suffisamment physique pour se dépenser. Il y a plusieurs couches de technicités, ca fait travailler ses aptitudes physiques, sa mémoire et on en prend ce qu’on veut, c’est fun, valorisant de danser et de voir vos partenaires réagir et rire avec vous pendant vos danses. Beaucoup d’options s’offrent ensuite à vous. Suivre tous les cours possibles. Des ateliers. Sortir dans des événements réguliers et occasionnels. Faire des compétitions amicale ou plus engageante. Participer à des projets de troupes et apprendre des chorégraphies … Tellement de possibilités. C’est malade. De là est finalement démarrée mon intégration au Québec. C’est selon moi un très bon moyen de rencontrer et se faire un cercle social.

 

Et aujourd’hui ?

Bien évidemment, j’ai tout fait de la liste de possibilités ci-dessus. Après avoir vu naître une passion pour cette pratique, après avoir mis toute ma créativité et mon énergie, après avoir poussé et travaillé ma danse, me voilà aujourd’hui installer, intégré au Québec et à enseigner des cours réguliers, coacher des troupes le Rockabilly Jive à l’École de danse JiveStudio de Montréal. Non pas que je sois devenu le champion du monde. Non. Surement pas. On a toujours à apprendre et encore beaucoup de croûtes à manger. C’est juste que le plaisir de transmettre sa passion et partager son savoir procure un sentiment qui ne peut se décrire. Voir évoluer ses élèves, leur faire réaliser que ce n’est pas si difficile de danser, devenir créatif et proposer de nouvelles affaires, ça rend même plus heureux que de danser.

 

En si il y avait d’autres phases d’applications ?

Si l’on considère ce que j’ai écrit plus haut, si sortir danser en social permet de rencontrer du monde, on ne peut qu’imaginer la force de cette trouvaille si vous voyagez hors de vos frontières pour un court moment. On pourrait envisager de cette manière pouvoir rencontrer des locaux, des expatriés qui vivent dans les environs avec qui vous pourriez échanger sur la danse, mais aussi sur les choses à faire sur place. Mais on en reparlera dans un autre article.

Pour terminer, ici je parle de Rockabilly Jive et de musique des années 50. J’ai essayé d’autres styles mais c’est ce qui m’allume le plus. Toutes les danses sociales sont bien évidemment bonnes à prendre. Pensez-vous être motivé par ce genre d’expérience ? Avez-vous une expérience à partager ? Vous pouvez laisser tout ça en commentaire, il me fera plaisir d’échanger avec vous.

Une histoire sur comment s’intégrer socialement par la danse

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